Unité de
Toxicologie
La toxicologie est une science appliquée
qui recouvre aujourd’hui de très
nombreux domaines. Longtemps considérée
sous l’angle médico-légal,
cette discipline a vu depuis une cinquantaine
d’années son champ d’application
s’élargir à de nouveaux
horizons. Elle contribue ainsi à participer à l’amélioration
des conditions de travail, à l’élaboration
de normes garantissant la sécurité dans
le domaine médical, alimentaire et
d’une manière plus générale à la
surveillance de la contamination de notre
environnement.
Malgré la grande vigilance développée
vis-à-vis de la toxicité des
médicaments, les intoxications aiguës
médicamenteuses sont et restent une
cause fréquente de consultation et
d’hospitalisation. Chez l’adulte,
il s’agit souvent d’intoxications
volontaires, effectuées dans un but
suicidaire. Chez l’enfant, il s’agit
le plus souvent de l’ingestion accidentelle
d’un médicament laissé imprudemment à sa
portée.
Depuis plus de 50 ans les intoxications
aiguës sont devenues un problème
majeur de santé publique. Ceci a contribué à la
création et au développement
des centres anti-poisons d’abord aux
Etats-Unis, puis en France à partir
des années 1950. Chaque année
il survient en France 50 000 et aux Etats
Unis 150 000 intoxications aiguës chez
l’enfant.
Au Liban, il n’existe pas de chiffres
précis, c’est pourquoi des études
rétrospectives ont été menées
par des étudiantes de la Faculté de
Pharmacie de l’Université Saint-Joseph,
Rita SFEIR et Rania HAMATY. Ces études
ont montré que la fréquence
des intoxications représente 5.45%
des accidents chez les enfants. Les
médicaments sont responsables de 58.93%
de ces intoxications et les produits domestiques
sont responsables de 30.36% de ces intoxications).
De plus, 100% des pédiatres questionnés
ont manifesté la nécessité d’avoir
un laboratoire de toxicologie et un centre
anti-poison au Liban pour rechercher et doser
les toxiques et aider au traitement des personnes
intoxiquées.
Par ailleurs les problèmes de la
toxicomanie, de l’alcool et des drogues
au volant, ainsi que les problèmes
liés à l’usage criminel
des substances psychoactives (surtout la
soumission chimique) restent des sujets très
mal maîtrisés au Liban et nécessitent
de gros efforts de la part de toutes les
personnes concernées (ministères
de la santé et de la justice, médecins
légistes, assurances, services des
urgences hospitaliers, laboratoires de toxicologie,
etc…).
Enfin, il faut noter l’importance
que prend actuellement la contamination de
nos aliments par des produits toxiques comme
les mycotoxines et les pesticides.
Consciente de l’importance de toutes
ces problématiques, la Faculté de
Pharmacie de l’Université Saint-Joseph
s’est dotée depuis 1998-1999
d’un :
Centre anti-poison pour informations
toxicologiques qui assure un service téléphonique
d’information toxicologique disponible
24h/24, permettant aux médecins,
professionnels de la santé et grand
public de reconnaître les risques
encourus par l’intoxiqué en
fonction de la nature du ou des toxiques,
des doses ingérées et de
l’état clinique initial. Une
thérapeutique spécifique
est conseillée. Actuellement le
centre antipoison reçoit, en moyenne,
5 à 6 appels au moins par semaine
provenant de toutes les régions
du Liban. Une collaboration très étroite
est mise en place avec les services hospitaliers
(urgences, soins intensifs, pharmacies,...)
de la plupart des pharmacies des hôpitaux
libanais et nous leur fournissons, à leur
demande, toute information utile en matière
de toxicologie (prise en charge des intoxications
et aide à la mise en place des protocoles
de traitement).
Laboratoire de Toxicologie qui assure la réalisation d’expertises
pour la détection des intoxications
aiguës et chroniques, l’utilisation
de drogues,…. Nous recevons actuellement
entre 425 et 500 demandes d’analyses
toxicologiques/an dans un but diagnostique
et de dépistage. Par ailleurs,
plus de 1850 dosages (Ochratoxine A chez
des volontaires sains, dans les céréales
et dans le vin, Aflatoxine M1 dans les
produits laitiers, trichothécènes
dans les produits céréaliers,…)
ont été effectués
entre 2004 et 2006 dans le cadre de projets
de recherche financés par le Conseil
de la Recherche de l’USJ et le programme
CEDRE (voir liste « des projets
de recherche et publications récentes » jointe
en annexe 2). |